Hypnose

Effets physiologiques de l’hypnose

Les effets physiologiques de l’hypnose sont certainement les indicateurs les plus tangibles et mesurables lorsqu’un consultant entre en transe hypnotique.

De nombreuses études internationales et recherches cliniques ont lieu depuis plus de vingt ans. L’objectif commun à toutes ses études étant de déterminer si oui, ou non, l’hypnose a des effets physiologiques.

Mais tout d’abord…

Qu’est ce que l’hypnose ?

Il s’agit d’un état de conscience impliquant une attention focalisée et une moindre sensibilité à l’environnement, caractérisé par une capacité accrue de réponse à la suggestion.

« L’hypnose est un mode de fonctionnement psychologique par lequel un sujet, en relation avec un praticien, fait l’expérience d’un champ de conscience élargi. Cette définition implique que la pratique de l’hypnose recouvre deux dimensions :

  1. à la fois un état de conscience modifiée que l’on nomme état hypnotique
  2. mais aussi une relation singulière. L’état hypnotique a été caractérisé à la fois par les neurosciences (imagerie cérébrale) et par la psychologie (théorie de la dissociation psychique). Quant à la dimension de la relation elle renvoie à une communication thérapeutique telle que l’a développée par exemple Erickson et à une dimension intersubjective particulièrement étudiée par les hypno-analystes.» (Antoine Bioy, responsable scientifique de l’IFH)

 

Les différents types d’hypnoses:

 

  1.  L’hypnose classique : Elle se caractérise par l’aspect directif de l’hypnotiseur, parfois même dominant. L’hypnotiseur suggère un changement de façon directe au patient. Cette forme d’hypnose a été très largement mise de côté. D’autres courants sont venus renouveler la pratique, en particulier le courant Ericksonien.
  2.  L’hypnose Ericksonnienne : (Nommée d’après le psychiatre américain Milton Erickson (1901-1980). Milton Erickson a utilisé lui-même l’auto-hypnose suite à poliomyélite compliquée de paralysie motrice et sensorielle. Dans son approche, c’est le patient qui est au centre et qui devient acteur de sa guérison. Cette pratique hypnotique ne dirige pas le patient, mais l’accompagne. Elle repose sur le postulat que l’inconscient est capable de mobiliser des ressources, susceptibles de conduire aux changements désirés, et a pour but d’amener conscient et inconscient à travailler ensemble.
    « Vous ne contrôlez pas le comportement d’une quelconque autre personne. Vous apprenez à le connaître, vous aidez les patients en l’utilisant, vous aidez les patients en les dirigeant de telle façon qu’ils rencontrent leurs besoins; mais vous ne travaillez pas avec les patients pour atteindre vos propres buts. Le but est leur bien-être, et si vous réussissez à obtenir leur bien-être, vous touchez directement votre propre bien-être. »
    (Milton Erickson)

 

Dans quels domaines est-elle recommandée ?

La société française d’hypnose mentionne des indications sur son site internet, reprises
dans le tableau suivant :

 

En psychologie et psychiatrie « problèmes d’estime de soi, d’affirmation de soi, de préparation aux examens, gestion du trac dans le domaine artistique, gestion du stress personnel et professionnel, difficultés relationnelles, conjugales, phobies sociales…, anxiété, insomnies, phobies, angoisses, obsessions, tocs, attaques de panique, troubles dépressifs et apparentés, harcèlements, surmenage professionnel, burn-out… » 
Troubles du comportement alimentaire « boulimie, anorexie, obésité, hyperphagie, … »
En addictologie « tabac, alcool, drogues, jeux, internet, sexualité,… »
Chez les enfants« énurésie, troubles du sommeil, des apprentissages, affirmation de soi, bégaiement, onychophagie, problèmes relationnels, manque de concentration, hyperactivité… » 
Troubles psychosomatiques « asthme, hypertension artérielle, migraines, troubles digestifs, urogénitaux, problèmes dermatologiques, rhumatismes… »
En dermatologie « allergies, psoriasis, urticaire, eczéma, verrues plantaires, amélioration de la cicatrisation des brûlures… »
Dans le domaine sportif « préparation mentale, optimisation du potentiel, récupération, motivation, gestion du stress et des émotions… » 
Dans le domaine de la prévention  « l’hypnose offre l’avantage de sensibiliser le sujet à la notion de santé holistique, l’encourageant à se prendre en charge, à développer ses ressources, ses potentialités grâce à l’auto-hypnose, par exemple prévenir une crise d’asthme, ou en diminuer l’intensité … »

 

Quels sont les effets physiologiques de l’hypnose dans le cerveau ?

Trois changements majeurs ont été observés lors d’un état d’hypnose.

  1. L’activité des neurones augmente dans une zone impliquée dans la concentration sur la résolution d’un problème (région dorsale cingulaire antérieure). « Cela explique qu’une personne hypnotisée soit tellement absorbée qu’elle ne se soucie plus de rien d’autre », détaille David Spiegel, l’un des auteurs de l’étude.
  2. Les échanges neuronaux sont aussi plus intenses entre deux des régions qui gèrent la flexibilité cognitive et la conscience de soi, le cortex préfrontal dorso-latéral et l’insula. Selon David Spiegel, le cerveau contrôle ainsi mieux ce qui se passe dans le corps.
  3. En revanche, la connectivité entre ce même cortex préfrontal dorso-latéral et le « réseau par défaut » est, elle, amoindrie. Ce réseau par défaut est activé quand le cerveau est « au repos ». « Même quand aucune tâche particulière ne lui est demandée le cerveau est toujours en activité. Il est donc important de connaître l’état de cet organe quand il est en veille pour pouvoir le comparer à un autre état de conscience », souligne Aymeric Guillot. La connexion plus faible entre ces zones explique que l’action et la conscience de cette action soient dissociées dans l’hypnose. « Grâce à cela, les patients peuvent envisager les choses autrement, penser et comprendre différemment. On ne change pas ce qui s’est passé, mais la perception qu’en a la personne »

Quels sont les effets physiologiques de l’hypnose dans le reste du corps ?

L’hypnose serait capable d’agir sur les 2 composantes de la douleur : le ressenti émotionnel mais également la sensation douloureuse elle-même. Certaines études (réalisées chez des sujets très hypnotisables) ont même montré la capacité de l’hypnose à activer les circuits neuronaux correspondants à une douleur physique suite à une suggestion hypnotique et ce même en l’absence de stimuli douloureux (Derbyshire, Whalley et al. 2004).

C’est pour ces raisons que l’hypnose est recommandée dans le cas de douleurs aiguës et chroniques. De plus, l’hypnothérapie a également une efficacité démontrée sur les troubles fonctionnels intestinaux, ainsi que la dyspepsie et les bouffées de chaleurs en post-ménopause.